Bruxelles Capitale de l'Europe

La nouvelle Présidence espagnole de l’Union Européenne entame sa nouvelle mission à un moment critique. Le Traité de Lisbonne implique un nouvel équilibre institutionnel à peaufiner. Il implique également une nouvelle administration. Cet ajustement institutionnel a besoin de temps pour lancer la nouvelle machinerie institutionnelle. Il ne faut pas perdre de vue que le Traité de Lisbonne est le résultat d’un compromis et d’un processus d’adaptation de 10 ans. Il ne relève pas d’un processus de théorisation. En quelque sorte, ce processus reflète le système politique européen.

Il y a deux attentes par rapport au Traité de Lisbonne : d’une part, renforcer le besoin d’efficacité et la légitimité de l’UE et, d’autre part, améliorer la vie démocratique de l’Union Européenne et ainsi “l’initiative du citoyen européen”. Le message aux populations est clair ; il s’agit de participer activement à la vie européenne. Tous les acteurs pourront jouer un rôle.

La dimension extérieure du nouveau Traité implique-t’elle un changement historique, un changement supplémentaire ou encore un saut qualitatif ? Une politique étrangère de l’UE avec simultanément une présidence tournante qui approuve et propose le programme politique de l’UE pour les mois à venir donne la force à la machinerie institutionnelle et coordonne les différentes formations au sein du Conseil. Encore s’agit-t’il de parler d’une seule voix !

La Présidence espagnole de l’UE est une présidence de transition souple qui a différents domaines de responsabilité. Le Conseil européen devrait se concentrer sur les questions économiques, essentiellement les stratégies de sortie de crise. Ces stratégies doivent privilégier les dépenses de croissance (innovation, recherche, développement durable…). En outre, il s’agit aussi de lancer la Stratégie 2020 de la Commission Européenne.

Jusqu’à présent, l’UE n’a pas été capable de créer une culture économique commune. Faut-il renforcer la gouvernance de l’Eurozone ? La coordination économique est devenue une obligation qui nécessite une synchronisation entre une stratégie économique et le pacte de stabilité. La discipline ne doit pas se faire uniquement sur les dépenses publiques (cf. les “PIIGS” : Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne). Elle doit aussi s’intéresser à l’endettement privé. Actuellement, la zone Euro traverse une zone de turbulence qui implique une perte de compétitivité et une aggravation de la dette publique des “PIIGS” ; ce qui accroît les divergences entre pays. L’issue de cette crise implique une plus grande intégration politique pour diminuer les écarts.

Ceci renforce l’idée de donner plus de continuité aux travaux du Conseil par une formule de travail en trio des trois prochaines présidences de l’Union Européenne (les présidences espagnole, belge et hongroise) (http://www.tgae.eu “Think Global – Act European” (1).

La Stratégie 2020 de l’Union Européenne est une opportunité d’avoir une stratégie unifiée sur ce que sera la prochaine décennie : une décennie numérique, intelligente et à faible production de carbone. Après Copenhague, la question est de savoir comment l’UE doit poursuivre sa dynamique de négociation. Face aux Etats-Unis et à la Chine notamment, l’Union Européenne doit-elle montrer l’exemple ou jouer un rôle de levier ? Quelle place doit prendre l’enjeu climatique et environnemental ? Faut-il créer des synergies fortes ?

De surcroît, la Stratégie Europe 2020 poursuit cinq grands objectifs : 1. 75% de la population âgée de 20 à 64 ans devrait avoir un emploi ; 2. accroître les investissements dans le domaine de la recherche et du développement pour passer de 1,9 % à 3 % d PIB; 3. Les objectifs dits “20/20/20” en matière de climat et d’énergie doivent être atteints ; 4. Le taux d’abandon scolaire devrait être ramené au-dessous de la barre des 10 % et au moins 40 % des jeunes générations devraient obtenir un titre ou un diplôme ; 5. Il conviendrait de réduire de 20 millions le nombre de personnes menacées par la pauvreté.

Quelles seront les incidences financières de la Stratégie 2020 ? D’où vient l’argent ? Dans le cadre actuel, il s’agit de mieux utiliser les instruments et ensuite de les lier aux objectifs. Ceci implique de définir d’abord les priorités politiques et ensuite de lier les objectifs aux instruments.

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(1) Présentation du rapport “Think Global – Act European” : “The Contribution of European Think Tanks to the French, Czech and Swedish Trio Presidencies of the European Union“, dirigé par Elivre FABRY (Fondation pour l’Innovation Politique) et Gaëtane Ricard – Nihoul (Notre Europe) – 4 mars 2010.

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