Bruxelles Capitale de l'Europe

Le sentiment dominant des citoyens en France et dans d’autres pays européens est de vivre assez mal les bouleversements induit par le Cheval de Troie de la mondialisation. Ces changements impliquent un basculement du monde et la fin du “Siècle Occidental”.

Un discours défensif sur la protection des citoyens est en porte à faux avec le principe de liberté sur lequel est basé la construction européenne. Le “principe de libre circulation des personnes” est un privilège incroyable donné aux citoyens européens. Ce qu’il faut, c’est une approche plus nuancée, une éducation sur le fonctionnement de l’Europe et l’écurie européenne. Un discours sur l’Europe proche du citoyen sans approche personnelle du simple citoyen est voué l’échec.

Les questions clés se règlent entre le Parlement Européen et le Conseil Européen sans une éducation sur le fonctionnement de l’Europe et l’écurie européenne : – la question du budget (d’où vient l’argent ? A quoi sert-il ? La P.A.C défend-t-elle une nourriture de qualité ?); – la question des frontières (et des tabous dans les débats sur la Turquie, la Roumanie, la Bulgarie). L’Europe s’est construite sur l’abolition des frontières. Mais cela ne signifie pas l’absence de frontières pas plus que des frontières étanches. Il convient de définir un “espace européen”; – la question des nominations du trio présidentiel aux organes européens (Président de la Commission, Président du Conseil, Haut Représentant) devrait attendre les élections européennes en 2009.

Le moment est venu où les européens doivent reprendre l’Europe en main sans pousser jusqu’au nihilisme du non français et irlandais. Quel type d’Europe voulons-nous ? Comment ? Or, l’avenir de l’Europe dépend de la capacité nationale à faire de l’Europe, à créer la transparence et du débat dans les Parlements nationaux. Voulons-nous du Traité de Lisbonne ou est-ce le statu quo sur le Traité de Nice ?

Une Europe proche des citoyens nécessite de débattre ; de soulever les contradictions sur les questions de l’élargissement, du budget etc. A défaut, un scénario de dislocation ou de refondation n’est pas à exclure.

Propos repris de la conférencière Sylvie GOULARD, présidente du Mouvement européen France (mardi 1er juillet 2008 : La France : de retour dans l’Union Européenne?”); auteur des livres : “Il faut cultiver notre jardin Européen” et “L”Europe pour les nuls” etc.

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