LE MEME NIVEAU DE PROTECTION SOCIALE POUR TOUS LES EUROPEENS CONTRE LA MONTEE DES INEGALITES ?

Posted by Monique Saby on 27/03/12

« Document de travail sur une directive pour le revenu minimum »

Ce scénario est-il celui du possible ? Quels sont les scénarios alternatifs ?

Cette quetion aborde l’inclusion sociale en Europe par un revenu minimu et/opu socle social qui puorrait être inséré dans la Charte sociale des droits fondamentaux ! En fait, elle tende de réponde à l’actuelle crise de la société salariale, de la justice sociale, de l’identité euroéenne ainsi que des vlaurs européennes (articles 2 et 153 du Traité de lisgbonne) par la réduction des disparités salariales, du cômage de longue durée et de l’exclusion sociale. En dépit de cela, l’Union européenne doit mettre l’accent sur la pauvreté et les inégalités sociales tout autant qu’elle fait pour rétablir une bonne gouernance économique.

Quels sont les instruments pour combattre les inégalités sociales ? Une question centrale
pour combattre les vraies causes de la crise systémique actuelle est celle d’aborder la crise  des valeurs de l’Union Européenne qui est tout  autant une crise de confiance des citoyens européens.
Cette étape est essentielle pour reconstruire la solidarité avec les citoyens. Pour l’essentiel des instruments, le revenu minimum est d’abord une fiscalité de base liée à une détaxation du travail. Il est évident que cette
détaxation du travail nécessite d’autres sources de financement qui ont été abordées sous l’aspect de la régulation de l’espace financier ; à savoir les ressources propres de financement européen qui devraient combiner une taxe
sur les transactions financières (TTF- FTT) à un niveau européen ainsi qu’une TVA.

Ces nouveaux moyens de ressources propres du budget européen auraient l’avantage de diminuer les contributions des budgets nationaux et de financer les prémisses d’une harmonisation sociale et/ou inclusion sociale européenne tout autant que la recherche et l’innovation dans le développement durable. In fine cette
question aborde la crise systémique et le modèle de civilisation bien au-delà d’un modèle du travail et de
protection sociale qui prévaut en Europe depuis l’après 2ème guerre mondiale.

Cependant, à mon humble avis,  elle répond inssuffisamment à  la problématique de  l’inclusion sociale
des temps de vie  tout au long de l’existence par la formation, le droit au revenu, le droit au travail  et
le droit au temps choisi ; ce qui implique un parcours de temps de vie (dissocié) tout au long de l’existence.

Ce scénario fait appel à l’économie citoynne plutôt qu’à un droit minimum de revenu européen. De fait le droit aur evenu, le droit au travail et le droit à ola formation tout au long de l’ixistenced sont trois droits qui ne peuvent en aucun cas être exclus de la problématique de l’inclusion sociale tout au long de l’existence.

Cette perspective de temps long de l’existence est un  contre-pied de la trajectoire classique des trois temps de vie : de formation, de travail et d’inactivité «inactivité éducation, travail –activité, inactivité retraite ». Cette conception linéaire des temps de vie devrait être petit à petit remise en question  sous les contraintes de l’évolution du marché du travail, des évolutions démographiques et des besoins de l’économie réelle.

Pour confortercette thèse, il suffit de constater  lesévolutions du marché du travail  et des
systèmes sociaux qui « travestissent » à bon escient les temps de vie par des emplois précaires, les temps d’inactivité par l’allongement de la formation/requalification  et de
l’allongement de la mise à la retraite avec activité prolongée ?

Un constat s’impose en Europe, les inégalités sociales et la pauvreté se sont aggravées partout par la montée du chômage, du travail précaire, de la pauvreté  et des exclusions sociales. Ceci résulte du
dumping social et de la primauté de l’économie financière  et du manque de répartition des richesses
financières qui s’excluent de toute forme de redistribution. Ce passage d’une économie réelle à une économie financière mondialisée échappe à toute redistribution étatique et donc de justice sociale.

Conformément au Traité de Lisbonne (art. 3), les inégalités doivent être combattues, la dignité
humaine et la justice sociale préservées mais non pas seulement par une simple
redistribution d’un revenu minimum mais par une insertion dans les différents cycles d’existence liés à
l’activité et l’inactivité.

Ce combat  pas à prôner uniquement un droit au revenu minimum ! Ce qui serait aberrant, en termes de dignité de vie et de trajectoire sociétale des individus ainsi  que de  l’inclusion sociale  long de l’existence. J’envisage ce scénario alternatif dans la d’un scénario d’une économie citoyenne. Il doit égalementcomprendre des temps de vie plus plus souples par des allers-retours entre « formation/requalification– emploi – temps libre » et non plus des cycles fermés de formation –travail – inactivité ».

A défaut d’anticipation sur l’inclusion sociale tout au long de la vie, le
rêve européen pourrait être meurtri non seulement par sa crise systémique, sa
crise des valeurs mais aussi par son déficit démocratique.

 

Monique SABY

Former Official of the EC – Maître en sciences du travail UCL

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The Spinelli Group FORUM at 26th March 2012 – Union Européenne : le Fédéralisme ou rien !

 

 

 

 

WORDPRESS en français

Posted by Monique Saby on 31/01/12

SPAM

Posted by Monique Saby on 28/09/11

Il semble apparemment que le site blogactiv.eu est attaqué  régulièrement  par des “English spammers”.

What to do ?  Thank’s for your comments without any spam of course !

Quelles sont les priorités du Traité de Lisbonne pour rendre l’Union Européenne plus efficace ?

Posted by Monique Saby on 25/03/10
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La nouvelle Présidence espagnole de l’Union Européenne entame sa nouvelle mission à un moment critique. Le Traité de Lisbonne implique un nouvel équilibre institutionnel à peaufiner. Il implique également une nouvelle administration. Cet ajustement institutionnel a besoin de temps pour lancer la nouvelle machinerie institutionnelle. Il ne faut pas perdre de vue que le Traité de Lisbonne est le résultat d’un compromis et d’un processus d’adaptation de 10 ans. Il ne relève pas d’un processus de théorisation. En quelque sorte, ce processus reflète le système politique européen.

Il y a deux attentes par rapport au Traité de Lisbonne : d’une part, renforcer le besoin d’efficacité et la légitimité de l’UE et, d’autre part, améliorer la vie démocratique de l’Union Européenne et ainsi “l’initiative du citoyen européen”. Le message aux populations est clair ; il s’agit de participer activement à la vie européenne. Tous les acteurs pourront jouer un rôle.

La dimension extérieure du nouveau Traité implique-t’elle un changement historique, un changement supplémentaire ou encore un saut qualitatif ? Une politique étrangère de l’UE avec simultanément une présidence tournante qui approuve et propose le programme politique de l’UE pour les mois à venir donne la force à la machinerie institutionnelle et coordonne les différentes formations au sein du Conseil. Encore s’agit-t’il de parler d’une seule voix !

La Présidence espagnole de l’UE est une présidence de transition souple qui a différents domaines de responsabilité. Le Conseil européen devrait se concentrer sur les questions économiques, essentiellement les stratégies de sortie de crise. Ces stratégies doivent privilégier les dépenses de croissance (innovation, recherche, développement durable…).  En outre, il s’agit aussi de lancer la Stratégie 2020 de la Commission Européenne.

Jusqu’à présent, l’UE n’a pas été capable de créer une culture économique commune. Faut-il renforcer la gouvernance de l’Eurozone ? La coordination économique est devenue une obligation qui nécessite une synchronisation entre une stratégie économique et le pacte de stabilité. La discipline ne doit pas se faire uniquement sur les dépenses publiques (cf. les “PIIGS” : Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne). Elle doit aussi s’intéresser à  l’endettement privé. Actuellement, la zone Euro traverse une zone de turbulence qui implique une perte de compétitivité et une aggravation de la dette publique des “PIIGS” ; ce qui accroît les divergences entre pays. L’issue de cette crise implique une plus grande intégration politique pour diminuer les écarts.

Ceci renforce l’idée de donner plus de continuité aux travaux du Conseil par une formule de travail en trio des trois prochaines présidences de l’Union Européenne (les présidences espagnole, belge et hongroise) (http://www.tgae.eu “Think Global – Act European” (1).

La Stratégie 2020 de l’Union Européenne est une opportunité d’avoir une stratégie unifiée sur ce que sera la prochaine décennie : une décennie numérique, intelligente et à faible production de carbone. Après Copenhague, la question est de savoir comment l’UE doit poursuivre sa dynamique de négociation. Face aux Etats-Unis et à la Chine notamment, l’Union Européenne doit-elle montrer l’exemple ou jouer un rôle de levier ? Quelle place doit prendre l’enjeu climatique et environnemental ? Faut-il créer des synergies fortes ?

De surcroît, la Stratégie Europe 2020 poursuit cinq grands objectifs : 1. 75% de la population âgée de 20 à 64 ans devrait avoir un emploi ; 2. accroître les investissements dans le domaine de la recherche et du développement pour passer de 1,9 % à 3 % d PIB; 3. Les objectifs dits “20/20/20″ en matière de climat et d’énergie doivent être atteints ; 4. Le taux d’abandon scolaire devrait être ramené au-dessous de la barre des 10 % et au moins 40 % des jeunes générations devraient obtenir un titre ou un diplôme ; 5. Il conviendrait de réduire de 20 millions le nombre de personnes menacées par la pauvreté.

Quelles seront les incidences financières de la Stratégie 2020 ? D’où vient l’argent ? Dans le cadre actuel, il s’agit de mieux utiliser les instruments et ensuite de les lier aux objectifs. Ceci implique de définir d’abord les priorités politiques et ensuite de lier les objectifs aux instruments.

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(1) Présentation du rapport “Think Global – Act European” : “The Contribution of European Think Tanks to the French, Czech and Swedish Trio Presidencies of the European Union“, dirigé par Elivre FABRY (Fondation pour l’Innovation Politique) et Gaëtane Ricard – Nihoul (Notre Europe) – 4 mars 2010.

Régulation, débat sur la relance par la consommation et/ou par l’investissement ? La réponse de l’Union est un défi systémique !

Posted by Monique Saby on 16/12/08

Nul ne peut plus se leurrer; la crise est là pour plusieurs années. Toute crise est malheureuse. En général, elle est payée par les plus pauvres. Mais toute crise est aussi une opportunité de voir les défauts d’un système.

L’histoire du monde nous apprend également qu’il faut une crise pour déclencher les réformes.  Quelles réformes avons-nous besoin en Europe et dans le monde ? Quelles sont les préconisations pour sortir de la crise ? Comment doit fonctionner une économique ? On assiste au retour de l’intervention de l’Etat, le libéralisme a-t’il eu tort ?

Les théoriciens de l’ultra libéralisme – en autres chantres de l’ultra libéralisme :  Alan Greenspan avec sa thèse de “l’exubérance irrationnnelle” (voir Alan Greenspan ou le pragmatisme éclairé de Michel Aglietta : http://www.airn.infro/resume.php?ID_ARTICLE=LECO_029_007) (pour Aglietta, les crises financières sont endogènes; il faut prévoir une stabilité dans le temps par des politiques contra-cycliques), Friedrich Hayek ” La route de la servitude” (PUF), et enfin John Kenneth Galbraith, économiste iconoclaste, qui a consacré en 1990, un livre aux bulles spéculatives qui scandent l’histoire du capitalisme (1) (lire aussi  “La crise économique de 1929“) – ont scandés le marché dérégulé par la recherche de la maximisation du profit à court terme. Cette maximisation du profit s’est faite au détriment des plus pauvres (l’Afrique etc.) et dans cette vision opportuniste et dérégulée les codes éthiques ont été totalement oubliés. Tel est le cas du marché des  ”subprimes”.

Or, pour Adam Smith, il y a  3 mains invisibles : 1°) la main invisible du marché ; 2°) la main invisible de la justice et de l’état ; 3°) la main invisible de la solidarité.

Quels sont les scénarios de sortie de crise ? Il n’y a pas de recette miracle. Les conséquences de la crise actuelle seront multiples : des conséquences sur les économies réelles, une montée du chômage, une récession profonde.

 Au niveau international, une refonte du FMI s’impose :

 Le nouveau ”Bretton Woods” a accouché d’une souris. Or, si la crise est née dans la sphère non régulée, il faut réguler la sphère financière. Et c’était bien l’objectif que s’était donné le G20 du 20 novembre 2008 qui préconise notamment de réguler  les centres “offshore”, de réguler les fonds spéculatifs, de surveiller les agences de notation. Face à des politiques pro-cycliques (celles là même qui ont contribués à gonfler la crise), il faut des politiques interventionnistes  (contra-cycliques) qui mettent en place des règles et une institution centrale susceptible d’édicter ces règles.

En d’autres termes, il faut un gendarme dans le village planétaire.

Or l’actuel FMI, hérité du Bretton Woods de l’après guerre, est dépassé. Il faut revoir le statut du FMI avec des politiques économiques à long terme, des préoccupations de lutte contre la pauvreté mais aussi relever les défis sociaux.

Un premier pas international, selon l’avis de Michel Camdessus (ancien directeur général du Fonds Monétaire International), est de réviser le Fonds Monétaire International, de mettre en place un système pour réguler, ensemble, (les pays émergeants sont insuffisamment représentés au FMI ) les problèmes du monde avec les Etats-Unis, la Chine, l’Europe etc… C’est donc une ouverture vers le multilatéralisme. L’option d’Obama est d’ailleurs multilatérale.

Les Etats-Unis vont-ils accepter de perdre des prérogatives ? Est-ce le retour de la Politique avec un grand “P”, avec une vision du monde plutôt qu’une vision des experts ?

Une grande partie de la crise provient de la perte de confiance. La crise se terminera quand la confiance reviendra ! Et tout le problème est de rétablir cette confiance.

Relancer l’économie par des investissements dans les énergies renouvelables et des industries non polluantes est certes préférable à la relance par la consommation (p.ex. le cas de l’Angleterre) qui ne peut être qu’un feu de paille sans lendemain. Pour autant, ces réponses sont-elles suffisantes ?

Au niveau européen, la réponse européenne pose un défi systémique :

Quels sont les atouts dont dispose l’Europe pour sortir de cette crise ?

Dans la perspective des prochaines élections européennes, le Think tank “Notre Europe” (www.notre-europe.eu) appelle les familles politiques à désigner des candidats au poste de président de la Commission Européenne.

 Voici le texte intégral de cet appel lancé par les personnalités qui composent le comité d’orientation de “Notre Europe” (2) :

La crise dans laquelle l’économie mondiale est précipitée est la plus grave que l’Europe ait connue depuis la deuxième guerre mondaile. Il est impossible de prévoir, à ce stade, l’issue et la durée du c hangement profond qui se déroule sous nos yeux. L’Europe n’est pas à l’abri de la tempête: elle en sortira renforcée ou, au contraire, sérieureusement minée par des conflits internes. Comme dans bien des cas, la difficulté constitue autant une opportunité qu’une menace.

Face à cette crise, les atouts dont l’Union dispose sont nombreux. La remarquable croissance du bien-être dans tous les Etats qui se sont joints au projet d’union provient d’un grand marché intérieur, fondé – selon la formule de J. Delors – sur “la concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit”. Sa conception équilibrée des rôles respectifs joués par les marchés et les pouvoirs publics est renforcée par un modèle social qui pemettra d’atténuer les conséquences d’un ralentissement de la croissance. Au sein de la zone euro, la monnaie unique constitue un rampart solide face au désordre financier.

Malgré ces atouts, si la réponse politique à un défi systémique n’est pas elle-même systémique, les chances pour qu’elle soit efficace sont minces.  L’union – et non les Etats membres en ordre dispersé ou au mieux vaguement coordonné -doit  dévopper un ensemble d’actions pour faire face à la crise. Le temps est propice pour relancer la propositiion, contenue dans le livre blanc de 1993 pour la croissance, la compétitivité et l’emploi,  d’un “eurobond” destiné à financer de larges projets d’infrastructure d’intérêt commun européen. La crise doit pousser l’Europe à compléter l’édifice de l’Union économique et monétaire avec le renforcement de son volet économique.

La continuité et la cohérence de l’action de l’Union doivent être assurées par la Commission européenne, l’institution qui a pour mission l’intérêt européen. De sa capacité d’initiative et de préservation de l’esprit communautaire dépend le bon fonctionnement du triangle institutionnel qu’elle constitue avec le Conseil des Ministres et le Parlement européen.

L’élection du nouveau Parlement en juin 2009 sera l’occasion d’asseoir la légitimité du leadership de la nouvelle Commission. Dans ce contexte, le moment est venu de donner enfin corps à l’idée, avancée par le Comité de “Notre Europe” dès 1998, que chaque famille politique européenne présente, pendant la campagne, un candidat pour le poste de Président de la Commission, qui serait amené à se présenter aux électeurs et à débattre avec ses concurrents. Les citoyens doivent avoir le sentiment d’avoir devant eux, sur les enjeux européens, des choix politiques clairs et des personnalités qui les incarnenent. Les élections de juin 2009 sont un rendez-vous qu’il ne faudra pas manquer”.

__________

(1) Le Monde (Débats)  : 20/10/2008 : “Les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur argent“, de John Kenneth Galbraith et (Economie-Entreprises) du 22/10/2008 : “La crise dope les ventes des théoriciens de la pensée économique”

(2) Face à la crise, un besoin d’Eruope, Comité d’orientation de Notre Europe, du 7-8 novembre 2008 – document à télécharger sur le site : www.notre-europe.eu

Crise financière et investissement : nouveaux défis en Europe et dans le monde. L’Union en acteur global ?

Posted by Monique Saby on 12/11/08

Les impacts de la globalisation dans l’espace européen sont de plus en plus importants. Comment anticiper le changement et les politiques européennes dans le nouveau monde globalisé ? Cette problématique était au coeur de la réflexion du colloque international organisé récemment à Bruxelles par le “think tank” français Confrontations Europe  (www.confrontations.org) (1). Lire à ce propos, “Un nouvel Acte Unique : Pour une mutation du modèle économique et social européen, de Philippe Herzog, n° 77 de Confrontations Europe la Revue (janvier 2007).

Je m’arrêterai, en particulier, sur l’intervention de Michel Aglietta, pour citer sa remarquable analyse sur les impacts de la crise, les déséquilibres financiers et les scénarios de sortie de crise.

La crise financière gigantesque à laquelle nous devons actuellement faire face a mis en pleine lumière la nocivité du modèle fondé sur l’exacerbation de l’endettement pour soutenir les exigences déraisonnables de la valeur actionnariale. Le modèle de capitalisme à valeur actionnariale(la prépondérance du point de vue des actionnaires dans la répartition des richesses) est dominant aux Etats-Unis, inégalement développé en Europe et largement ignoré en Asie (²).

Trois constats s’imposent :

1°)  une montée générale de l’endettement privé sur longue période;

2°)  la dette du secteur financier a explosé et a entraîné une amplification du levier d’endettement, avec des facteurs de dérive (notamment diminuer le coût de la dette en augmentant les facteurs de risque), pour booster les dividendes des actionnaires. La “gouvernance financière” a réduit les fonds propres et a augmenté les dettes. Or, depuis 30 ans, on constate que  le salaire médian n’a pas progressé ;  qu’il y a un endettement croissant pour maintenir la croissance et une baisse tendancielle de la fiscalité sur le capital et les revenus. Ce que n’avait pas perçu la stratégie de Lisbonne au cours de ces 10 dernières années, c’est la montée des pays émergeants. Et les pays émergeants ont financé la dette des Etats-Unis à des coûts bas. En outre, l’entrée de la  Chine dans l’OMC a créé un excès d’offre structurelle sur le marché du travail.

En d’autres termes, nous sommes passés d’un modèle de vendeurs à un modèle d’acheteursavec des effets déflationnistes.

3°) des facteurs de vulnérabilité aux risques : le modèle de la banque d’investissement amplifie le levier des crédits. La tritisation  s’est développée parce que les changements de régime du  crédit sont allés jusqu’à transformer le modèle bancaire qui est passé du principe “initier les crédits et porter le risque” au principe “initier et vendre le risque”. Le  risque bascule sur les ménages et entraîne une vulnérabilité plus importante.

Quels sont les scénarios possibles ?

1°) Une crise globale de désendettement qui est de longue durée : 3 ou 5 ans si la crise est bien gérée (désendettement du secteur privé);

2°) Au niveau mondial  : c ’est  la propagation d’une double crise : l. effondrement du taux de change  2. crise bancaire (p.ex. l’Islande).

3°) Les politiques monétaires sont inefficaces contre cette récession puisque le système bancaire est brisé.

Et le danger imminent en 2009 est le risque de glisser vers la déflation. Il faut éviter le “piège japonais”.

Quels sont les scénarios de sortie de crise ?

A) A court terme : Le scénario catastrophe.

Si la récession se nourrit d’elle même et produit de nouvelles dettes (notamment par des faillites des entreprises), il faut substituer la dette publique à la dette privée. L’Etat pilote, avec les pays émergeants et la Chine, une reprise lente par une politique budgétaire expansionniste coordonnée au niveau de l’Europe. Le Pacte de stabilité de la zone Euro doit être dépassé (c’est-à-dire l’actuelle coordination par la règle) pour passer à une coordination par une politique active et partager la contribution entre pays. Il faut une gouvernance économique européenne. Si la dette publique se substitue à la dette privée, il faut contrôler la dette nationale.

Dans un modèle de croissance endogène (ajustement à la Hamilton (1)), les crises financières sont endogènes ; il faut prévoir une stabilité dans le temps par une politique économique macro prudentielle.  La Banque Centrale Européenne doit adopter une politique économique contra cyclique (c’est ce que Alan Greenspan appelait le “risk management” :  dès l’amorce d’un retournement conjoncturel, une politique agressive est mise en place pour lutter contre le choc récessif.

Or, depuis les années 80, l’Europe a connu une succession de chocs récessifs, et pour diverses raisons, le “risk managment” n’a pas été possible ou non souhaité. Au contraire, les pays européens ont joués sur les mécanismes cachés de dévaluation compétitive pour  mener une concurrence fiscale qui exerce une force destructrice sur les modèles sociaux et la démocratie.

B. A moyen terme : Le scénario optimiste

La croissance occidentale va ralentir durablement. La dette publique devient un facteur permanent. Les écarts de croissance entre les pays occidentaux et les pays émergeants vont s’accentuer.

Un régime de croissance viable implique la transformation du capitalisme financier. Il faut une nouvelle architecture financièrepour protéger tous les processus de transferts de crédits (normaliser la tritisation, éliminer les produits qui servent à faire des commissions, introduire des mécanismes de compensation etc.), une gouvernance(pour surveiller le mécanisme de contrôle des prix des banques qui ne prennent pas en compte les risques dans leurs bonus etc….), et donner une guidance à l’industrie.

Dans ce scénario, les pays émergeants doivent accueillir des flux de capitaux non spéculatifs.  La globalisation s’intensifie mais avec une modification de sa structure liée au rattrapage des pays émergeants.

Tant que l’Union Européenne ne reconnaîtra que le marché unique comme bien public (pour ne citer que quelques autres biens publics : le plein emploi,  la stabilité macroéconomique, la maîtrise des inégalités et  la suppression des discriminations,  la promotion de la connaissance, la protection de l’environnement,  l’indépendance énergétique), avec une politique de la concurrence qui tend vers un “mythique état de concurrence pure et parfaite”, la souveraineté économique de l’Europe restera dans les limbes.

A lire :

(1) A la recherche de l’intérêt européen. Un ouvrage collectif dirigé par Philippe Herzog, collection l’Europe après l’Europe, éditions le Manuscrit, 2008 (www.manuscrit.com) ; de Michel Aglietta : “Croissance potentielle, perspective macro-financière et stratégie d’ l’Union”

(²) Désordres dans le capitalisme mondial, de Michel Aglietta et Laurent Berrebi, éd. Odile Jacob (économie), mars 2007; chapitre VI : L’Europe en déshérence.

A lire également :

(3) THINK GLOBAL – ACT EUROPEAN : La contribution de treize think tanks européens au trio des présidences fraçaise, tchèque et suédoise de l’Union européenne sous la direction de Elvire Fabry (Fondation pour l’Innovation politique (www.fondapol.org)) et Gaëte Ricard-Nihoul (NOTRE EUROPE (www.notre-europe.eu))

Vers un monde hétérogène et multipolaire. Quel rôle doit jouer l’UE dans la future gouvernance mondiale ?

Posted by Monique Saby on 16/10/08

Les développements de la crise financière suscitent nombre d’interrogations. Faut-il repenser le système ? Est-ce la fin du capitalisme ? Peut-on réinventer de nouvelles règles de société  ;  un nouveau modèle de civilisation ?

Jacques Mistral, directeur du département économique à l’Institut français des relations internationales, auteur de “La 3ème révolution américaine, éd. Perrin”, donnent des perspectives communes à la crise actuelle. Les institutions existantes sont dépassées : le FMI est désoeuvré ; les accords de commerce n’aboutissent pas ; il n’existe pas d’institution internationale pour l’environnement etc… Au delà des vicissitudes et des tendances amércaines à l’oeuvre, nous assistons à une renaissance du domaine social (liée à l’inefficacité de l’Etat, à la concentration des richesses aux mains de quelques uns, à l’idée de solidarité etc… Or, les Etats-Unis ont vécus avec une concurrence (une diversité) des régulateurs. D’où l’idée d’une troisième révolution américaine ; la première s’est amorcée dans les années 1930/1932 avec Roosevelt ; la 2ème dans les années 60 avec Nixon, R. Reagan puis Bush père. Actuellement, nous assistons à un réalignement de l’ensemble des forces politiques et à une nouvelle vision du monde. Et peut-être à une 3ème révolution américaine.

Sur la scène internationale, le basculement de l’hégémonie américaine préfigure la recherche d’un nouveau paradigme sur la question du terrain social et du terrain environnemental. Mais, avec la réapparition d’une menace stratégique centrale – la question russo-géorgienne – et les questions économiques réamorcées par la crise financière. La fin de l’hégémonie américaine met un terme à l’idéologie de la dérégulation  –  démocratie et régulation par le marché – mais, en même temps, la globalisation se fragilise et l’idée d’un retour à l’Etat et à la défense des intérêts nationaux ressurgit.

Pour autant, il ne faut pas assimiler la réalité actuelle à celle des années 1930/1932. Nous sommes loin du mécanisme qui a entrainé les Etats-Unis dans le protectionnisme, la fermeture des frontières et la dévaluation compétitive. Le Bretton Woods privilégie les taux de change fixe pour le commerce extérieur. Or, aujourd’hui, nous ne sommes pas loin de la stagflation ; une création monétaire trop rapide.

Quelle est la bonne façon d’organiser la gouvernance mondiale ? Nous devons saisir le problème de la gouvernance pour réinventer de nouvelles règles de société. Un courant se fait jour : un “co-leadership” avec un engagement actif des Etats-Unis est devenu possible. Cependant, l’Union Européenne a tendance à défendre des intérêts de “boutique” et son identité est assez floue sur la scène internationale.

L’Europe a une fenêtre d’opportunité pour poser la gouvernance mondiale sur un registre économique – or l’Europe manque de patriotisme économique – et mettre à profit un partenariat avec les Etats-Unis. 

La géopolitique est de retour et façonnera l’avenir économique du monde. Nous sommes en voie de multipolarisation. La question est de mettre ensemble des acteurs hétérogènes.


IFRI-Bruxelles : conférence-débat du 14 octobre 2008 : “Au lendemain des élections, les Etats-Unis seront-ils prêts pour un nouveau Bretton Woods ?”

Russie : entre postmodernité et multipolarité. Que doit faire l’UE ?

Posted by Monique Saby on 05/09/08

La crise Géorgienne suscite différentes interrogations : Quelle est la stratégie de la Russie ? Quelle est son ambition globale ?  Que doit faire l’Union Européenne ? Quel est le partenariat stratégique à adopter ?

Telles étaient les différentes questions soulevées par Daniel Vernet (Directeur  des relations internationales au journal “Le Monde” lors de sa conférence – débat du  2 septembre 2008 à l’IFRI – Bruxelles (Institut français des relations internationales - www.ifri.org). Plusieurs raisons expliquent la crise Géorgienne.

Le contrôle de l’énergie est un élément mais il y a d’autres éléments qui expliquentla crise Géorgienne. La Russie poursuit un objectif normatif  qui est de “re”définir l’ordre mondial du système de relations internationales d’aujourd’hui sur d’autres valeurs que celles de l’Occident. La Russie ne veut pas de “l’unilatérisme” américain pas plus qu’elle ne veut du “postmodernisme” de l’Union Européenne (régler les conflits, la question des minorités etc…).

Le nationalisme Russe, de type mafioso-autoritaire, n’est pasun modèle attractif. Le pouvoir de Poutine est un pouvoir autoritaire à l’intérieur et expansionniste-agressif à l”extérieur. Mais un modèle de sortie du système soviétique ne sera pas différent du modèle “Poutine”.

La Russie a pour ambition de définir un autre modèle différent du Marxisme-Léninisme. Et ce modèle pourrait être tentant pour d’anciens pays du tiers monde ; la Chine, l’Amérique Latine. La Chine pourrait-elle être l’alliée de la Russie ? Dans quelle mesure les Chinois pourraient proposer une alternative au modèle libéral de l’Occident?

La Russie souhaite contrôler l’énergie en Asie Centrale.  La politique extérieure agressive de la Russie est fondée sur l’état pétrolier pour contrôler l’oléoduc BTC par l’intermédiaire d’un pouvoir Géorgien et empêcher un approvisionnement européen qui échappe à Gazprom, donc à la Russie. Or, l’Europe souhaite diversifier ses sources d’approvisionnement et le marché européen est fondamental pour la  la Russie. Et donc une incitation très forte à dépecer l’ancienne Géorgie. La Russie a eu le sentiment d’être humiliée et elle souhaite se venger de l’humiliation.

Quelle est la stratégie de la Russie pour rétablir une zone d’influence contre l’Occident ? La manœuvre de la Russie est de diviser l’Europe et aussi les Etats-Unis : l’ancienne Europe (France, Allemagne, Italie …) et la nouvelle Europe (Pologne, Pays Baltes…). Cette manœuvre de division va-t’elle réussir ? Ou y aura-t’il un durcissement de l’Europe par l’alignement sur la nouvelle Europe ou un plus petit commun dénominateur, une position molle!

La Russie et l’Union Européenne partagent le même territoire. La guerre à la Géorgie est un coup de semonce à  limiter la politique européenne de voisinage (PEV); et aux futurs élargissements.

Le partage des zones d’influence est-il possible ? Que doit-faire l’UE avec la Russie et son voisinage ? En finir avec l’ingénuité quant à la nature du pouvoir de Poutine ; éviter de donner des signes d’apaisement ; refuser d’autoriser Moscou à décider du système économico-politique de ces voisins et les aider à réussir un modèle libéral démocratique.

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 Actuelles de l’Ifri :

http://www.ifri.org/newsletterArchive/news_ACTUIFRI_59_fr.htlm

-  Crise russo-géorgienne : la multivectorialité russe au pinacle, JulienThéron.

-  Crise russo-géorgienne : les trois dilemmes des Occidentaux, Julien Théron

Une Europe proche des citoyens ou une Europe en crise ?

Posted by Monique Saby on 04/07/08

Le sentiment dominant des citoyens en France et dans d’autres pays européens est de vivre assez mal les bouleversements induit par le Cheval de Troie de la mondialisation. Ces changements impliquent un basculement du monde et la fin du “Siècle Occidental”.

Un discours défensif sur la protection des citoyens est en porte à faux avec le principe de liberté sur lequel est basé la construction européenne. Le “principe de libre circulation des personnes” est un  privilège incroyable donné aux citoyens européens. Ce qu’il faut, c’est une approche plus nuancée, une éducation sur le fonctionnement de l’Europe et l’écurie européenne. Un discours sur l’Europe proche du citoyen sans approche personnelle du simple citoyen est voué l’échec.

Les questions clés se règlent entre le Parlement Européen et le Conseil Européen sans une éducation sur le fonctionnement de l’Europe et l’écurie européenne : – la question du budget (d’où vient l’argent ?  A quoi sert-il ? La  P.A.C défend-t-elle une nourriture de qualité ?); – la question des frontières (et des tabous dans les débats sur la Turquie, la Roumanie, la Bulgarie). L’Europe s’est construite sur l’abolition des frontières. Mais cela ne signifie pas l’absence de frontières pas plus que des frontières étanches. Il convient de définir un “espace européen”; – la question des nominations du trio présidentiel aux organes européens (Président de la Commission, Président du Conseil, Haut Représentant) devrait attendre les élections européennes en 2009.

Le moment est venu où les européens doivent reprendre l’Europe en main sans pousser jusqu’au nihilisme du non français et irlandais. Quel type d’Europe voulons-nous ? Comment ? Or, l’avenir de l’Europe dépend de la capacité nationale  à faire de l’Europe, à créer la transparence et du débat dans les Parlements nationaux. Voulons-nous du Traité de Lisbonne ou est-ce le statu quo sur le Traité de Nice ?

Une Europe proche des citoyens nécessite de débattre ; de soulever les contradictions sur les questions de l’élargissement, du budget etc. A défaut, un scénario de dislocation ou de refondation n’est pas à exclure.

Propos repris de la conférencière Sylvie GOULARD, présidente du Mouvement européen France (mardi 1er juillet 2008 : La France : de retour dans l’Union Européenne?”); auteur des livres : “Il faut cultiver notre jardin Européen” et “L”Europe pour les nuls” etc.

Le “leadership” de l’Union Européenne en matière sociale et environnementale

Posted by Monique Saby on 23/06/08

Le 28 mai dernier, l’Union des Fédéralistes Européens (“think tank” basé à  Bruxelles) a organisé un séminaire sur les nouveaux défis de la globalisation ?  http://www.uef-groupeeurope.eu).

Un constat s’impose à nous, nous sommes entrés de plein pied dans un autre modèle de développement. Les défis à relever sont de deux ordres : 1. l’épuisement des ressources naturelles avec une demande croissante (de pétrole notamment) émanant des pays émergents : Chine, Inde etc… ; 2. réduire les impacts du changement climatique, autrement dit s’adapter.

Ce changement de paradigme  implique de mettre en place des stratégies alternatives (p.ex. changer de modèle de transport, fermer les entreprises polluantes et destructives), de gérer les confrontations et de trouver un compromis entres les “normes sociales” et les “normes environnementales”. En d’autres termes de passer d’une stratégie de Lisbonne à une stratégie de développement durable (1).

L’atout de l’Europe est de mettre en place un gouvernement européen capable de :

- d’exercer un “leadership” environnemental ; une diplomatie énergétique et environnementale apte à influencer les choix au niveau mondial,

- de réussir la transition vers une société”post carbone” (2),

- de créer une  concurrence loyale, libre et non faussée,

- d’aller au-delà du PIB pour mettre en place d’autres sources de taxation pour amortir les choix systémiques :  taxer la pollution, détaxer le travail, créer des “socio-taxes” sur les productions destructives.

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(1) le Bilan social de l’Union européenne 2007, sous la direction de Chirstophe Degryse et Philippe Pochet, 9ème rapport annuel, éd. Observatoire social Européen (www.ose.be),

(2) Towards a Post-Carbon Society : European Research on Economic Incentives and Social Behaviour, Conference Proceedings, Brussels, 24 October 2007  http://ec.europa.eu/research/social-scie…).

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